dimanche 28 avril 2019

Division de fer (corps franc)

Division de fer (corps franc)

Division de fer
Image illustrative de l’article Division de fer (corps franc)
Drapeau de la Division de fer

Création 29 novembre 1918
Dissolution 1919
Pays United Baltic Duchy flag.svg Duché balte uni
Allégeance Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Branche Infanterie
Type Corps franc
Effectif 16 000
Fait partie de Corps francs de la Baltique
Ancienne dénomination Brigade de fer
Guerres Guerre d'indépendance de la Lettonie
Batailles Bataille de Wenden
Commandant historique Rüdiger von der Goltz
La Division de fer (en allemand : Eiserne Division) est une troupe armée composée de volontaires qui combattit en 1919 dans les Pays baltes. Il s'agit là du plus célèbre des corps francs allemands constitués immédiatement après la Première Guerre mondiale, destinés à défendre la frontière avec les zones passées nouvellement sous contrôle des révolutionnaires soviétiques, notamment en Lettonie. Initialement destinée à intégrer les cadres de la Reichswehr, elle compta jusqu'à 16 000 hommes au printemps 1920, avant que des mutineries ne provoquent sa dissolution.

La Brigade de fer

Juste après la fin du premier conflit mondial, les troupes de la 8e armée allemande, en pleine révolte, se retirent devant les armées bolchéviques depuis l'Est des Pays baltes. Afin de protéger la retraite des hommes et du matériel, il est décidé[Par qui ?] le de recruter la Brigade de fer (Eiserne Brigade) parmi les soldats en déroute. Environ 600 hommes se portent volontaires, dont une partie refusera plus tard de servir au combat.
La défense de Riga par la Baltische Landeswehr (troupes du Duché balte uni) et la Brigade de fer est un échec, et le la République soviétique socialiste de Lettonie est proclamée. Les armées bolchéviques, principalement composées de régiments de fusiliers lettons, prennent le contrôle à la mi-janvier de la quasi-totalité de la Lettonie et commencent à planifier une avancée sur la Prusse-Orientale afin de porter la révolution en Allemagne. Afin d'éviter cela, le Conseil des commissaires du peuple autorise le recrutement de volontaires et de corps francs dans l'Empire.
Dans un premier temps les troupes, faiblement armées et entraînées, se retrouvent repoussées dans un petit périmètre autour de Libau, et connaissent des problèmes de ravitaillement car les conseils de soldats rouges parmi les garde-frontières bloquent les convois ferrés.

Création de la Division de fer

Le , le commandement passe du colonel Kumme au major Josef Bischoff. Celui-ci interdit tout nouveau repli, renvoie les éléments peu fiables chez eux et baptise les 300 hommes restants du nom de Division de fer. Avec l'arrivée de renforts et de nouvelles techniques de combat, le front put être stabilisé le long de la rivière Windau. Dans le même temps, les Bolchéviques se trouvaient confrontés à d'autres problèmes sur d'autres parties du front.
Début , le VIe corps de réserve reçoit le commandement des opérations en Courlande. Se retrouvent subordonnés aux décisions du Général Rüdiger von der Goltz le gouvernement de Libau, la Baltische Landeswehr, la Division de fer, la 1re Division de réserve de la Garde tout juste arrivée, ainsi que divers petits corps francs indépendants. La Division de fer prend part début mars à l'offensive sur Mitau et occupe la vieille position occupée durant la Guerre mondiale près d'Olaine. Le , elle reprend Riga, soutenue par la Baltische Landeswehr. À la suite de ces événements, les armées bolchéviques abandonnent le combat en Lettonie.
Toutefois, la Division se trouve impliquée dans le conflit opposant le régime letton pro-germanique de Andrievs Niedra à celui de Kārlis Ulmanis, allié à l'Estonie. Comme les troupes allemandes ne devaient entreprendre aucune offensive supplémentaire, selon les directives données par le gouvernement du Reich et les forces de l'Entente, cinq bataillons et trois batteries d'artillerie entrèrent durant deux semaines au service de la Lettonie. Durant la bataille de Wenden, ces unités ne purent toutefois pas combler leurs pertes. De plus, certains éléments refusèrent alors le combat, car ils n'avaient été recrutés que pour combattre les Bolchéviques. Après l'évacuation de Riga et l'armistice de Strasdenhof (de), la Division de fer se trouve à nouveau stationnée dans la région d'Olaine.

Composition

En prenant en compte le noyau du corps franc et les volontaires y étant associés, les effectifs de la Division s'élèvent jusqu'à l'été 1919 à environ 14 000 hommes. Elle était composée de trois régiments d'infanterie et d'un régiment d'artillerie, d'escadrons de cavalerie et de services de ravitaillement.
Les volontaires concluaient un contrat selon lequel chaque mois, ils percevaient comme solde du terrain dans les Pays baltes et ils avaient également en vue la citoyenneté lettone. À côté des personnes désireuses de s'établir, se mêlent au sein de la troupe des idéalistes, des soldats de métier que ne trouvent pas de poste dans la Reichswehr, des aventuriers, des chômeurs, ainsi que toutes sortes d'éléments douteux dont des criminels désireux d'éviter la justice en place dans l'Empire.
Pratiquement la moitié des supplétifs ainsi recrutés furent renvoyés à leurs foyers, leur moralité était jugée inappropriée. À plusieurs reprises, certaines unités durent être dissoutes de par leur manque de fiabilité. De même, des officiers ou des escouades durent être exclus pour des raisons d'incompatibilité politique. La Division constituait en quelque sorte un réservoir pour les formations réactionnaires, les monarchistes et les nationalistes.
Les combats furent des deux côtés impitoyables et conduisirent à de lourdes pertes civiles. Les prisonniers étaient bien souvent dépouillés ou exécutés. Les phénomènes de maraude derrière le front ne purent jamais être stoppés. Après la prise de Riga, les exactions commises par la Division de fer firent sensation à l'étranger. Devant la surcharge de la Feldgendarmerie, une véritable cour martiale dut même être établie.
Bien que l'évacuation des Pays baltes eût commencé officiellement en , la Division poursuivit son recrutement et se renforça et disposait dans ce but de points de recrutement clandestins en Allemagne. Le but du Major Bischoff et de son entourage était, contrairement à la ligne politique officielle allemande, de lutter aux côtés des armées blanches contre les Bolchéviques et de pouvoir ainsi exercer une influence sur la Russie à venir. Tout au moins, la Division souhaitait rester active aussi longtemps que possible pour pouvoir le cas échéant prendre part à un coup d'État réactionnaire en Allemagne.

Défections vers l'armée de libération de la Russie

Lorsque, le , les premiers transports de troupes se présentèrent pour rapatrier la Division en Allemagne, Bischoff décida, à ses risques et périls, de ne pas obéir, et stoppa toute manœuvre d'embarquement. Fin septembre, la Division se rallia, conjointement avec la Légion allemande, autre corps franc, à l'Armée occidentale des volontaires russes (ou Armée Bermondt). Au cours de leur avance, les hommes de la Division atteignent à nouveau Riga. Les forces de l'Entente stationnées dans la région, dont la flotte anglaise dans le golfe de Riga, attaquèrent les forces de Bermont-Avalov, prenant la défense de la Lettonie indépendante, coupant la voie de ravitaillement vers la frontière allemande, ce qui provoqua l'effondrement de l'armée des volontaires russes. La Division dut entreprendre son repli.
D'ici à fin , l'ensemble des éléments armés avait franchi la frontière allemande à Memel.

Dissolution

Les hommes restants du corps franc se sentirent trahis par le régime en place. La marche sur Berlin débuta comme on peut s'en douter, malgré le manque de commandement politique. Les volontaires obtinrent l'amnistie, mais n'avaient pas la possibilité d'intégrer la Reichswehr ou de trouver une place dans l'industrie. Après la démobilisation, de nombreux anciens membres de la Division constituèrent des communautés de biens comme ouvriers agricoles en Poméranie.
Lors du putsch de la Brasserie, la Division était en grande partie dissoute. D'anciens membres de la Division prirent part par la suite aux combats des corps francs dans la Ruhr et en Haute-Silésie. L'idéologie diffusée par le journal Der Reiter gen Osten et l'antibolchévisme des corps francs constituèrent un des ferments du National-socialisme.
Les anciens de la Landeswehr et des corps francs constituèrent un facteur de déstabilisation de la République de Weimar et adhérèrent pour beaucoup au mouvement hitlérien.

Membres célèbres

Annexes

Bibliographie

En langue allemande 

  • Hagen Schulze, Freikorps und Republik, Boppard, 1969
  • Josef Bischoff, Die letzte Front 1919, Berlin, 1935
  • Von der Golz, Meine Sendung in Finnland und im Baltikum, Leipzig, 1920
  • Erich Balla, Landsknechte wurden wir…, Berlin, 1932
  • Gustav Noske, Von Kiel bis Kapp, Berlin
En lituanien 

Liens externes

samedi 27 avril 2019

Gerhard Rossbach

Gerhard Rossbach

 

Gerhard Rossbach
Biographie
Naissance

Poméranie
Décès
(à 74 ans)
Hambourg
Nationalité
Activité
Autres informations
Partis politiques
Conflit
Gerhard Roßbach (ou parfois Rossbach), né le à Kehrberg, mort le , était un dirigeant d'un corps francs allemand et un militant nationaliste allemand après la fin de la Première Guerre mondiale.

Biographie

Gerhard Roßbach est né à Kehrberg en Poméranie. Durant les combats menés par les corps francs allemands dans la région de la Baltique, Roßbach et sa troupe font une longue marche à partir de Berlin à la Baltique, pour secourir la Division de fer menacée de destruction par les forces lettones1. Après sa participation au putsch de Kapp, le corps franc Roßbach est formellement interdit, mais se recréé sous différentes appellations ; il est soutenu financièrement par le Parti des fermiers allemands et la grande industrie, ce qui lui permet de se réarmer. Au début des années 1920, Roßbach est arrêté pour tentative de renversement du gouvernement2.
Membre du parti nazi, Rossbach participe au putsch de la Brasserie de 1923, auquel il essaie de rallier des étudiants, des cadets et des élèves officiers de la Reichswehr ; après l'échec de la tentative de putsch, il se réfugie en Autriche. Par la suite, il est recruté par Adolf Hitler pour développer l'organisation de la SA3. En 1928, il affirme qu'il a tué un certain nombre d'ouvriers du Mecklembourg et des sympathisants spartakistes4.
Il se brouille avec Hitler lors de l'accession de celui-ci au pouvoir, en janvier 1933, et est arrêté en 1934 lors de la nuit des Longs Couteaux5.
L'historien Robert G L Waite décrit Rossbach comme un meurtrier sadique et un homosexuel notoire6.
Rossbach participe ensuite à la fondation d'une organisation de jeunesse, la Schilljugend (de), qui a pour but de former ses membres dans un esprit nationaliste, autoritaire et militariste7. Il organise notamment des festivals musicaux, mêlant musique populaire et musique classique, afin d'instaurer un sentiment de fierté nationale et des valeurs communautaires conservatrices8.
Après la Seconde Guerre mondiale, il dirige une entreprise d'import-export près de Francfort, et écrit ses mémoires en 19505. Au cours de ses dernières années, il joue un rôle important dans l'organisation du festival de Bayreuth.

Notes et références

Notes

Références

  1. Waite 1969, p. 131
  2. Waite 1969, p. 191-196
  3. Waite 1969, p. 196
  4. Waite 1969, p. 192, citant la déposition de Roßbach lors de son procès en 1928.
  5. a et b Roßbach 1950
  6. Waite 1969, p. 131, note 112 sans source précise sur le deuxième point
  7. Waite 1969, p. 210
  8. Applegate et Potter 2002, p. 136

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
  • (en) Celia Applegate et Pamela Maxine Potter (éditeurs), Music and German National Identity, University of Chicago Press, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Dornberg, The Putsch That Failed, Hitler's Rehearsal for Power, Weidenfels & Nicholson,
  • (en) Nigel Jones et Michael Burleigh, A Brief History of the Birth of the Nazis : How the Freikorps blazed a trail for Hitler, Constable & Robinson Ltd, (1re éd. 1987) (lire en ligne [archive])
  • (de) Gerhard Roßbach, Mein Weg durch die Zeit : Erinnerungen unt Bekenntnisse, Weilburg an der Lahn, Vereinigte Weilburger Buchdruckereien, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Louis Snyder, Encyclopaedia of the Third Reich, Wordsworth Editions Ltd,
  • (en) Robert G L Waite, Vanguard of Nazism, W W Norton and Company, Document utilisé pour la rédaction de l’article

vendredi 26 avril 2019

Freikorps Lützow

  1. Feier des Freikorps Lützow zum einjährigen Bestehen im Jahr 1920 in Zossen bei Berlin.
     
    Das Freikorps Lützow war ein rechtsgerichteter paramilitärischer Verband in den der Novemberrevolution folgenden Aufständen in Deutschland. Es bestand von Januar 1919 bis April 1920.

    Geschichte

    Das Freikorps wurde am 17. Januar 1919 in Berlin von den drei Offizieren der kaiserlichen Armee Major Hans von Lützow, Hauptmann Erich von Bibow und Leutnant Walter Dehn gegründet. Die Namensähnlichkeit mit dem Lützowschen Freikorps aus den Befreiungskriegen beruhte auf dem Namen des Kommandeurs. Die Finanzierung der Freikorps fand aus den Mitteln des Antibolschewistenfonds der deutschen Wirtschaft statt, der am 10. Januar 1919 in Berlin mit nominal 500 Millionen Reichsmark gegründet und einem 50 Millionen Sofort-Bankkredit ausgestattet wurde. Neben der Finanzierung der militärischen Zerschlagung der deutschen Räterepubliken flossen auch viele Gelder in die antibolschewistische-nationalistische Propaganda sowie Einwohnerwehren und nationalistisch-sozialistischen Arbeiterparteien.
    Das Freikorps bildete ein Sammelbecken für Soldaten und Offiziere, die nach der Demobilisierung nicht mehr in das zivile Leben zurückfanden und die der neugegründeten Weimarer Republik ablehnend gegenüberstanden. Auf dem Höhepunkt hatte das Freikorps annähernd 1.500 Mann in seinen Reihen. Das Freikorps Lützow zeichnete sich von Anbeginn an durch eine militant antirepublikanisch-antisozialistische bzw. antikommunistische Gesinnung aus. Zum ersten Einsatz kam es bei den Berliner Märzkämpfen 1919, bei denen insgesamt durch die Freikorpsverbände in den Straßenkämpfen mindestens 1.200 Menschen getötet wurden, darunter auch viele Unbeteiligte. Das Freikorps war an der Niederschlagung der Münchner Räterepublik beteiligt und führte anschließend einen blutigen Feldzug gegen vermeintliche Sympathisanten.[1]
    Bei der Bekämpfung des Arbeiteraufstandes im Ruhrgebiet wurden auf Geheiß der sozialdemokratischen Regierung ebenfalls Freikorps-Verbände in großem Stil eingesetzt. Der Kampf wurde von beiden Seiten mit größter Brutalität geführt und die letztlich siegreichen Regierungstruppen rechneten erbarmungslos mit den unterlegenen Arbeitern ab. Das Freikorps Lützow erlitt in den Ruhrkämpfen gegen die Rote Ruhrarmee der aufständischen Ruhrarbeiter jedoch 1920 schwere Verluste im Kampf um die Stadt Remscheid und wurde dabei fast aufgerieben. Im April 1920 wurde es schließlich aufgelöst.

    Literatur

    Einzelnachweise


  2. Meuchelmord an Perlacher Bürgern, beschreibt die Erschießung von 12 Perlacher Bürgern, die unter den Verdacht geraten waren, „Linke“ zu sein, am 5. Mai 1919, durch das Freikorps Lützow.

jeudi 25 avril 2019

Wikipedia - Corps francs de la Baltique

Corps francs de la Baltique

Drapeau des Corps francs de la Baltique.
 
Les corps francs de la Baltique désignent de manière générique les différents Freikorps (corps franc), organisations paramilitaires s'étant constituées dans l'Empire allemand, qui évoluèrent notamment dans les pays baltes au sortir de la Première Guerre mondiale. Constitués de soldats démobilisés à la suite de la défaite allemande, ils constituaient une part des nombreux groupes paramilitaires en activité durant la république de Weimar. Cet article retrace plus particulièrement le parcours de ceux impliqués dans l'histoire des pays baltes au début de l'entre-deux-guerres, entre 1918 et 1920.

1917 - La Russie cède les Pays baltes à l'Allemagne

En 1917, les bolchéviques russes cèdent à l'Allemagne, lors du traité de Brest-Litovsk, les territoires des pays baltes, correspondant aux trois gouvernements de la Baltique de l'époque impériale : Estonie, Courlande et Livonie. De suite, l'Empire allemand installe des régimes d'occupation en Estonie et Lettonie, la Lituanie devenant indépendante le , avec la mise en place d'un gouvernement fantoche la faisant demeurer un État satellite de l'Allemagne.
Les autorités militaires d'occupation (l’Ober Ost), commandées par le prince Léopold de Bavière, avaient toujours favorisé dans leurs dispositions (réquisitions, travaux forcés, juridictions…) les Germano-baltes, minorité influente d'origine allemande, dont l'installation aux pays baltes remonterait au XIIIe siècle ; les « barons baltes » avaient en effet depuis cette époque joué un important rôle social, économique et politique, en encadrant les populations locales. Les et , le conseil territorial de Courlande puis le conseil territorial uni de Livonie, d'Estonie, de Riga et d'Ösel, appareils législatifs dominés par les Germano-baltes, déclarèrent successivement leur indépendance, devenant respectivement le duché de Courlande et Sémigalle et l'État balte (Baltischer Staat). Ces deux États furent proclamés en union personnelle avec le royaume de Prusse, bien que le gouvernement allemand restât silencieux et ne ratifiât jamais cette demande.
Les pays baltes furent nominalement reconnus par le Kaiser Guillaume II le , soit six mois après que la Russie soviétique eut formellement abandonné toute autorité sur les anciennes provinces de la Baltique de la Russie impériale, lors du traité de Brest-Litovsk. Le , un Conseil de régence (Regentschaftsrat) fut momentanément mis sur pied pour diriger l'éphémère Duché balte uni, sous la direction du baron Adolf Pilar von Pilchau ; ce Regentschaftsrat fut constitué sur la base des deux assemblées préexistantes dans ces deux États.

1918 - Défaite allemande, l'Armée rouge progresse

Selon les termes de l'armistice de 1918, l'Armée allemande doit se retirer de tous les territoires qu'elle occupe, selon un calendrier établi par la Commission militaire de contrôle interalliée. Dans la Baltique comme partout ailleurs, les conseils de soldats pro-socialistes contrôlaient de nombreuses unités allemandes dans la région, mais la Commission de contrôle alliée insista pour que les troupes allemandes restent sur place aussi longtemps que nécessaire pour éviter toute occupation de ces régions par l'Armée rouge. Les forces armées soviétiques, menées par les tirailleurs lettons, faisaient en effet d'importantes incursions dans les territoires estoniens et lettons. Les Estoniens opposèrent une farouche résistance à l'Armée rouge, refusant toute aide de l'Armée allemande. Par contre, des soldats scandinaves venant de Finlande, Suède ou Danemark vinrent lutter à leurs côtés. Les Estoniens, bénéficiant de l'aide et du support naval des Britanniques, furent en mesure de repousser les forces soviétiques après un an de combats au cours de la guerre d'indépendance estonienne.
Pendant ce temps, le Conseil populaire letton (Tautas Padome) proclame l'indépendance de la Lettonie vis-à-vis de la Russie, le . Le leader letton Kārlis Ulmanis demande pour cela l'appui des Freikorps allemands pour repousser les Bolchéviques. L'observateur militaire britannique, le colonel Sir Hubert Gough, invoqua en sa faveur l'article 12 du traité d'armistice permettant aux troupes allemandes de n'évacuer les territoires appartenant avant guerre à l'Empire russe que « lorsque les Alliés considéreraient cela comme nécessaire, étant considérée la situation politique de ces territoires ».

1919 - La Brigade de Fer contre-attaque

« Superbe occasion pour vous installer ! Toute personne désireuse de posséder son propre terrain dans les beaux Pays baltes peut se rendre aux bureaux de recrutement suivants… »
— Publicité dans un journal pour soldats allemands, 19191.
Le major Alfred Fletcher.
Alors que de nombreux soldats allemands, démoralisés, quittent la Lettonie, le Major Bischoff constitue parmi ceux-ci un corps franc, dénommé « Eiserne Brigade » (la « Brigade de fer »). Cette unité est par la suite déployée devant Riga et est destinée à ralentir l'avance de l'Armée rouge sur la capitale lettone. Dans le même temps, on recrute des volontaires partout en Allemagne, en leur promettant de gagner une terre où s'établir une fois le Bolchévisme repoussé, ainsi que d'autres moyens d'incitation à la véracité discutable2. Ces soldats, accompagnés d'éléments isolés de la 8e armée allemande en cours de dissolution, viennent renforcer la Brigade de Fer, qui est alors reconstituée pour devenir la Division de Fer. En parallèle, les Germano-baltes et quelques Lettons forment la Baltische Landeswehr, qui se fixe un but similaire. La mission officiellement fixée à ces troupes par l'Allemagne et les Alliés était d'empêcher l'Armée rouge d'entrer en Prusse-Orientale ; accessoirement il s'agissait d'aider les Germano-baltes réinstallés dans les Pays baltes à conserver leurs domaines en Lettonie.
Division de Fer et Baltische Landeswehr sont initialement commandées respectivement par le major Josef Bischoff et par le major Alfred Fletcher, allemand d'origine écossaise. Fin février, seul le port de Liepaja reste en possession des forces germano-lettones. Mais en mars 1919, Rüdiger von der Goltz prend le commandement du VIe corps, chapeautant ces unités, et remporte une série de victoires sur les forces soviétiques, ce qui permet l'entrée dans Riga des forces germano-baltes. Les principales attaques de cette campagne furent menées par les corps francs allemands, occupant tout d'abord Ventspils, grand port de Courlande, bifurquant ensuite vers le sud en direction de Riga. Ces attaques semblent avoir été menées en coordination avec les forces estoniennes, lesquelles chassaient dans le même temps les Bolchéviques du nord de la Lettonie.
Une fois les Soviétiques repoussés, les Alliés ordonnèrent à l'Allemagne de retirer ses troupes des Pays baltes. Toutefois, von der Goltz tenta de prendre le contrôle de la région, en s'appuyant sur la minorité germanophone. Ulmanis fut officiellement déposé, un gouvernement fantoche dirigé par Andrievs Niedra le remplaçant. Niedra, pasteur luthérien pro-allemand, eut un répit lorsque les Allemands réussirent à convaincre les Alliés de retarder le retrait des corps francs allemands, un repli anticipé risquant de laisser les mains libres aux Bolchéviques. Cette reculade alliée fut causée par la prise de conscience par les Britanniques de la gravité de la situation militaire dans la région. Après la nouvelle offensive russe, les unités contre-révolutionnaires et les corps francs contre-attaquèrent, reprenant Riga le .

Abus d'hospitalité

« Nous étions des combattants soûls de toutes les passions du monde ; pleins de luxure, trouvant l'exultation dans l'action. Ce que nous voulions ? Nous ne le savions pas. Et ce que nous savions, nous ne le voulions pas ! Combats, aventure, excitation et destructions. Une force indicible, envahissante, surgissait de tout notre corps et nous écorchait vif. »
— Ernst von Salomon, Les Réprouvés (die Geächteten).
Après la capture de Riga, les corps francs se livrèrent à des exactions dont le bilan s'élève environ à 300 Lettons tués à Jelgava, 200 à Tukums, 125 à Daugavgrīva, et plus de 3 000 à Riga. Les nationalistes lettons se retournèrent alors contre les Freikorps et cherchèrent du soutien auprès des troupes estoniennes qui occupaient jusqu'alors la rive nord de la Daugava. Von der Goltz ordonna à ses troupes de marcher vers le nord en direction de Cēsis. L'objectif des forces allemandes devenait clairement l'établissement de la suprématie allemande sur les Pays baltes, en éliminant pour cela les forces armées estoniennes ; la lutte contre les bolchéviques passait donc au second plan. Le commandant estonien Johan Laidoner intima l'ordre aux Allemands de se replier au sud de la Gauja. Il donna dans le même temps l'ordre à ses troupes d'investir le nœud ferroviaire à Gulbene.
Le , la Division de Fer lance son attaque pour capturer Cēsis. Le corps franc parvient tout d'abord à capturer Straupe et poursuit son avance en direction de Limbaži. La contre-attaque estonienne repousse les Allemands hors de cette dernière. Le 21 juin, les Estoniens reçoivent des renforts qui leur permettent d'attaquer immédiatement la Landeswehr de Fletcher, laquelle est contrainte de se replier au nord-est de Cēsis. La Division de Fer reprend son attaque depuis Straupe vers Stalbe, ce afin de relâcher la pression sur la Baltische Landeswehr. Mais au matin du 23, les Allemands commencent leur repli général en direction de Riga.
Les Alliés demandent alors à nouveau aux Allemands de retirer leurs troupes de Lettonie, intervenant afin d'imposer un cessez-le-feu entre les corps francs lettons et les Estoniens alors que ces derniers s'apprêtaient à marcher sur Riga. Les Britanniques insistèrent pour que le comte von der Goltz quitte la Lettonie, mais ses troupes se rallièrent aux armées blanches du général Bermondt. Le lieutenant-colonel Alexander reçut le commandement de la Landeswehr, le Major Fletcher ayant été rappelé en Allemagne. Quant au Major Bischoff, il créa une Légion allemande (Deutsche Legion) à partir d'une grosse douzaine de petits corps francs opérant dans la Baltique, les ralliant également au général Bermondt. Au total, ce sont plus de 14 000 hommes que les corps francs allemands amènent aux Russes blancs, accompagnés de 64 avions, 56 pièces d'artillerie et 156 mitrailleuses. On décompte également six unités de cavalerie ainsi qu'un hôpital de campagne. La tentative de coup d'État menée par la suite par Bermondt fut déjouée par l'armée lettone, recevant l'appui de navires de guerre français et anglais et de trains blindés estoniens.

Retraite

Les Freikorps avaient sauvé la Lettonie de sa conquête par les armées soviétiques, durant le printemps 1919. Toutefois, le but véritable de ces corps francs, à savoir la constitution d'un État satellite de l'Allemagne en Courlande et en Livonie, au travers du Duché balte uni, fut un échec. Nombre des soldats allemands ayant combattu dans la Baltique quittent la Lettonie avec le sentiment de s'être fait "poignarder dans le dos" par la République de Weimar du président Ebert. Pour les centaines de ces combattants qui avaient espéré s'établir en Lettonie, cette terre leur avait fait forte impression, et il leur tardait déjà de la revoir. Les Freikorps, qui avaient combattu les Rouges, baptisaient leur lutte du nom de Ritt gen Osten (la « ruée vers l'Est »), et l'amertume du retour en Allemagne n'avait d'égal que la volonté de retourner en Lettonie.
Durant la retraite, les troupes quittant les Pays baltes perdirent toute cohésion et toute discipline. Certains combattants "traversèrent la campagne comme des fous, errant dans un désordre complet"3, comme l'illustre ce passage :
« Nous hurlâmes nos chants dans les airs, leur lançant après des grenades… Nous voyions rouge. Nous n'avions plus rien dans nos cœurs qui puisse ressembler à de la décence. La terre où nous avions vécu grondait désormais sa destruction. Là où autrefois se trouvaient de paisibles villages, il ne restait plus là où nous étions passés que suie, cendres et braises. Nous avions allumé un bûcher, mais ce n'était pas seulement des choses inertes qui y brûlaient ; ici brûlaient également nos espoirs, nos désirs ; ici brûlaient les registres, les lois et les valeurs du monde civilisé ; ici tout brûlait… Et nous revînmes ainsi arrogants, saouls, lourds du butin de nos pillages4. »

Conséquences

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Vu leur état d'esprit lors de leur retraite, il n'est guère étonnant que nombre de ces anciens combattants aient été peu fidèles à la nouvelle république de Weimar (cf la Reichswehr noire), et enclins à participer à des mouvements plus autoritaires5, comme le NSDAP6. Cela leur permettait notamment de continuer en Allemagne la lutte contre le communisme commencée dans les pays baltes.

Voir aussi

Sources :
Von Salomon, Ernst. (1930). Les Réprouvés.
Du Parquet, L'aventure allemande en Lettonie, Paris, 1926

Bibliographie

  • Avenel, Jean-David, & Giudicelli, Pierre. (2004). L'indépendance des pays de la Baltique, 1918-1920. Paris : Economica. (ISBN 2-7178-4746-4).
  • Julien Gueslin. La France face aux indépendances baltes. De Brest-Litovsk à la conférence de la Paix (1918-1919). Relations internationales, Presses Universitaires de France, 1998, 93, en ligne sur HAL: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01405373 [archive]
  • Julien Gueslin. Un nouveau Drang nach Osten ? La France face à la menace des corps francs allemands dans les pays baltes, 1919 . Revue internationale d'histoire militaire, 2003, en ligne sur HAL:  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01405399 [archive]
  • Venner, Dominique. (1974). Baltikum : dans le Reich de la défaite, le combat des corps francs, 1918-1923. Paris : Robert Laffont, coll. « L'Histoire que nous vivons ».
En anglais :
  • Waite, Robert G.L. (1969). Vanguard of Nazism. W W Norton and Company.

Notes et références

  1. Waite, p. 105, citant le numéro de Reichswehr du 18 juillet 1919.
  2. Waite, p. 105
  3. Waite, p. 131
  4. Ernst von Salomon, Les Réprouvés.
  5. [1] [archive], 3e alinea
  6. Hitler et la dictature allemande: naissance, structure et conséquences du national-socialisme [archive], de Karl Dietrich Bracher, 1995, p. 125

Articles connexes